Un rapport des Renseignements Généraux, en juillet 2004, mentionnait le développement du racisme anti-occidental dans certains quartiers ; le même mois, un rapport de lInspection générale de lEducation Nationale décrivait des comportements hautement discriminatoires exigeant des vestiaires, des robinets différents de ceux des impurs, c'est-à-dire des non musulmans.
En novembre 2004, un rapport du ccTr (Collectif contre tous les racismes), "Mrap : les méthodes dangereuses", analysait les critères selon lesquels, pour ce mouvement, une agression était raciste ou non. Létude déduisait que, selon lorigine de lagresseur et de lagressé, le racisme était invoqué ou non. Le racisme antiblanc était tout simplement absent des catégories envisagées par le Mrap.
Cet antiracisme sélectif du Mrap avait déjà été établi, par sa volonté de minimiser les agressions antijuives en accroissement effrayant, den innocenter des catégories pourtant archi majoritaires dans ces agressions, et de placer dans ses préoccupations prioritaires, si ce nest exclusives : « lislamophobie », voire le blasphème, la tchadorophobie, la discrimination visant les Maghrébins, et le soutien inconditionnel aux mouvements palestiniens.
Le Mrap sétait peu à peu transformé en comité de défense islamique, ne manquant pas de manifester son soutien à Dieudonné jusquaux dernières provocations devenues trop voyantes, choisissant de manifester aux côtés de lUOIF plutôt quavec les mouvements antiracistes.
Les liaisons islamistes et lantiracisme sélectif avaient fini, au sein même du Mrap et de la LDH, par engendrer protestations, démissions et oppositions internes. La méthode de la direction ne changea pas : tous ceux qui critiquaient le Mrap étaient racistes, fascistes, sionistes.
Le ridicule ne tuant plus, la théorie du complot et de linfiltration, voire de lOPA (!) de lextrême-droite sur le CRIF, la Gauche républicaine, les Maghrébins laïques, lUFAL, le PS (avec le célèbre « tu es aux mains du lobby juif » dAounit contre Huchon), la CFL, fut avancée par le Mrap avec autant de crédibilité que dans les procès des médecins juifs de Moscou en 1951. Ne répondant à aucun argument, Mrap et LDH se contentèrent dutiliser insultes et anathèmes et dattaquer les personnes.
Le Mrap en avait trop fait, tapant sur tout le monde et pensant encore avoir le pouvoir de faire régner le terrorisme intellectuel sur tout opposant à lislamisation. Nétant plus soutenu que par les hautes sphères du pouvoir, comme courroie de la politique arabe de la France, par quelques journalistes islamisants et par des islamogauchistes passés dun totalitarisme à lautre et dune couleur verte à lautre, le Mrap commençait à se voir accusé publiquement, y compris devant les tribunaux, par ceux quil avait salis de façon sordide.
Ces mouvements, bien que tenus à bout de bras par les hautes sphères du pouvoir et des financements exorbitants, sécroulaient, mais ce quils avaient semé subsistait. La censure quils avaient imposée depuis des années agissait encore inconsciemment. Les manichéismes et lantiracisme sélectif, la culpabilisation des Français et larrogance croissante de petits caïds de banlieue, souvent liés aux franges islamistes, perduraient.
Largumentaire anti-impérialiste, anticolonialiste, antiraciste qui servait dalibi à une haine entretenue de la France et des Français trouva son apogée dans l « appel des indigènes à décoloniser la République ». Un procédé subversif à la Goebbels dinversion des mots, faisant des Français des colons et de ceux issus de limmigration des indigènes, fut utilisé pour lancer ce véritable appel à la guerre civile.
Les islamistes riaient probablement, sous cape ou sous burqa, de tant de naïveté de leurs compagnons de route. Un travail de fond avait été effectué pendant des années pour amener les jeunes français à la culpabilisation permanente, à la repentance perpétuelle.
Les dépités de la chute du mur, à défaut de société davenir sétaient mis avec acharnement à salir le passé de la France de façon méthodique et à embellir dautres cultures malgré, pourtant, leur colonialisme, leur esclavagisme parfois encore actifs. Les Français avaient été, insidieusement, dès leur plus jeune âge, éduqués à la culpabilisation, au silence ou à la compréhension devant leurs agresseurs et les nouveaux apprentis tyrans.
On avait tout simplement détruit leurs défenses immunitaires au profit dun totalitarisme haineux, raciste et passéiste qui savançait, jusque là, de façon souvent voilée. On leur avait appris à fuir, à regarder ailleurs, à excuser, à justifier leur propre soumission. Les manifestations lycéennes nous font mesurer lampleur de cette soumission : les hordes raciales en sont venues à bout, alors quaucun gouvernement navait jamais réussi à le faire si rapidement.
Le Monde, puis Marianne, révélèrent, grâce aux interviews dagresseurs, le caractère indiscutablement raciste de ces agressions. Marianne avait beau placer en fin de son dossier les articles de Beyala, ex-partenaire de Dieudonné et de Picquet, de la LCR, pour tenter, en conclusion, de minimiser le racisme antiblanc (voire de lignorer), les articles précédents se contentaient sans ambiguïté de décrire les faits.
Quelques rééditions de la théorie du complot de casseurs télécommandés par le gouvernement furent tentées par la FCPE, le PS et sur les forums lycéens de partis politiques, renouvelant un comique de répétition disparu depuis les années 1970.
Un tabou venait néanmoins dêtre brisé : le racisme antiblanc existait bel et bien, et nétait pas minime. Lampleur était mesurable.
Un groupe de mille personnes venait dattaquer une manifestation et avait sélectionné les jeunes agressés selon leur couleur et leurs signes dallégeance ou non. Une horde raciale avait déclenché des attaques de commandos au vu et au su de tous. Aucun acte collectif raciste na connu cette ampleur depuis la guerre dAlgérie.
Imaginons une seconde un groupe de mille néonazis (sur lesquels on attire régulièrement notre attention, comme on replanterait un épouvantail) attaquant une manifestation, sélectionnant Noirs et Maghrébins pour les rouer de coups, et sen vanter ensuite devant les journalistes.
Etrangement, ce schéma semblerait plausible à beaucoup, tant lutilisation de lantifascisme a été instrumentalisée, tant les reportages sur les Skinheads (devenus pourtant bien rares), sur le danger du retour de la revanche de la bête immonde, sur les téléfilms avec le méchant blanc raciste qui agresse le pauvre Noir ou Maghrébin, ont été nombreux ces dernières années.
Si lon ajoute les grandes campagnes antiracistes (sélectives bien sûr) visant à faire de tout jeune issu de limmigration une victime de racisme, pendant que les Français, eux, seraient « toujours plus ou moins racistes » (site du Mrap), on a réuni tous les éléments de la soumission au totalitarisme chez les Français. On a, en revanche, assuré limpunité dans les bandes, chez les racistes antiblancs, par un discours de compréhension sociologique bienveillante.
Voici que lon recherche des causes sociologiques à un racisme que lon a nié auparavant pendant des années. Comme certains expliquaient la montée du nazisme par lhumiliation ressentie par loccupation de la Ruhr, dautres aujourdhui vont chercher dans les clichés du discours anticolonialiste la justification à leurs ignominies ou à celles de leurs protégés.
On trouve des explications sociologique aux textes de rap les plus racistes, des causes sociales aux attaques de synagogues et décoles par les islamjungend, comme on justifiait jadis en Allemagne les lynchages de Juifs par loppression économique subie « par la faute des ploutocrates », puis la guerre à la France par « lhumiliation antérieure de loccupation de la Ruhr ».
Nous voyons aujourdhui un autre type dordre noir passer à lattaque dans la rue, sans uniforme, mais avec autant de haine, de racisme et darrogance.
Le totalitarisme utilise toujours dans ses périodes davant-guerre un langage légitimateur fustigeant loppression, linjustice, le racisme, lhumiliation. Il ne lui reste ensuite quà imposer les siens. Ramadan, Aounit et Tubiana jouent aujourdhui le rôle de légitimateurs de ce camp guerrier, conquérant et totalitaires qui sous couvert de « lutte anticolonialiste » tente de soumettre une population, sous la menace de la guerre civile.
En cela, ils ne sont pas plus excusables que les agresseurs racistes des lycéens blancs, et même plutôt davantage coupables.
Quand on lance un appel, on a souvent les appelés quon mérite.
Quand on explique systématiquement aux jeunes issus de limmigration quils sont victimes du racisme de la part des Français « toujours plus ou moins racistes », quils sont des victimes de la colonisation (ignorant en cela le colonialisme arabe plus étendu et prolongé), quils ont une mauvaise note en raison de la ségrégation dont ils sont lobjet, on attise la haine raciale.
Quand on excuse par Intifada interposée les agressions de Juifs, puis de jeunes blancs (certains cumulent, étant Juifs et Blancs), on attise la haine raciale.
Quand on excuse les appels à la haine des textes de rap ou des textes de comiques racistes, on attise la haine raciale.
Quand on manifeste aux côtés de courants islamistes au racisme évident, on attise la haine raciale.
Quand on hurle au racisme à la moindre arrestation de délinquant, on attise la haine raciale et on lui assure limpunité.
Quand on nie des agressions racistes, dont le caractère raciste est reconnu par les auteurs eux-mêmes, on nattise plus la haine raciale, on la pratique.
texte de Antoine Subiaco